Pendant ce temps là ...en Colombie

et vous qu'avez-vous fait pendant ce temps là?

02 mars 2008

Je me révolte donc nous sommes#4

Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni le titre, ni la science, ni la vertu(...). Être gouverné, c'est à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est, sous pretexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concissionné, pressuré, mystifié, volé; puis à la moindre résisitance, au premier mot de la plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assomé, désarmé, garotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale!(...) Ô personnalité humaine! Se peut-il que pendant soixante siècles tu aies croupi dans cette abjection?

Pierre Joseph Proudhon.

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16 février 2008

Je me révolte donc nous sommes#3

Les hommes nous enseignent à penser comme des poules, et nous nous croyons véritablement des poules, bien que nous soyons des aigles. Étendez vos ailes et envolez-vous! Et ne vous contentez jamais des grains que l'on vous jette.

James Aggrey

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06 février 2008

Je me révolte donc nous sommes#2

Un jour futur

(...)
Regardez-le l'enfant
qui se dresse et qui dit
je ne connaissais pas
la beauté des colères
je veux faire tomber
ce vieux monde en poussière
l'avenir, l'avenir
ne sera pas maudit

Un jour futur
puis des millions de jours
j'avancerais parmi des millions
d'hommes
brisant les murs
de ce siècle trop lourd
croquant l'amour
comme la rouge pomme.

Henri Gougaud

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02 février 2008

Je me révolte donc nous sommes

Nous sourions du dedans.
Ce sourire nous le cachons maintenant.
Illégal, le sourire
-comme illégal est devenu le soleil, illégale, la vérité.
Nous cachons notre sourire comme nous cachons dans notre poche
la photo de notre bien-aimée
comme nous cachons l'idée de la liberté dans le plis de notre coeur.
Tous, ici bas, nous avons un seul ciel et le même sourire.
Demain, peut-être prendront-ils nos vies.
Ce sourire et ce ciel, ils ne peuvent pas nous les prendre.

Yannis Ritsos

(un poème pour tes élèves, Eric?)

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06 mai 2007

le désespoir assis sur un banc

6 MAi 2007, c'est l'état d'esprit dans lequel je me trouve, allez savoir pourquoi...

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l'entendait pas
Il faut passer presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien ni personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

Jacques Prévert Paroles

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05 mai 2007

Le soir

C'est le moment crépusculaire.
  J'admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure du travail.

Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D'un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense,
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,
L'ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles
Le geste auguste du semeur.
Victor HUGO

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18 décembre 2006

une sorcière

DesnosDeBiasi










"Hommage à Desnos" de Pierre-Marc de Biasi.

L'Amour tombe des nues


Un samedi du Moyen-Âge

Une sorcière qui volait

Vers le Sabbat sur son balai

Tomba par terre

Du haut des nuages

Ho ho ho madame la sorcière

Vous voilà tombée par terre

Ho ho ho sur votre derrière

Et les quatre fers en l'air


Vous tombez des nues

Toute nue

Par êtes vous venue

Sur le trottoir de l'avenue

Vous tombez des nues

Sorcière saugrenue

Vous tombez des nues

Vous tombez des nues

Sur la partie la plus charnue

De votre individu

Vous tombez des nues

 

 On voulait la livrer aux flammes

Cette sorcière qui volait

Vers le Sabbat sur son balai

Pour l'Ascension

Quel beau programme

Ho ho ho voilà qu'la sorcière

A fait un grand rond par terre

Ho ho ho quel coup de tonnerre

Il tomba d'l'eau à flots


  Et l'eau tombe des nues

Toute nue

Eteint les flammes ténues

Et rafraîchit la détenue

L'eau tombe des nues

Averse bienvenue

L'eau tombe des nues

L'eau tombe des nues

Et la sorcière se lave nue

Oui mais dans l'avenue

L'eau tombe des nues


Qu'elle était belle la sorcière

Les présidents du châtelet

Les gendarmes et leurs valets

La regardaient

Dans la lumière

... et un éclair qui brille

Et c'est vos yeux qui scintillent

... et votre cœur pétille

Nous sommes sourds d'amour

Et nous tombons des nues

Elle est nue

Oui mais notre âme est chenue

Nous avons de la retenue

Nous tombons des nues

 
Sorcière saugrenue

Nous tombons des nues

Nous tombons des nues

Qu'on relaxe la prévenue

Elle nous exténue

Nous tombons des nues

Et je...

Mais tombe des nues

Tu tombes des nues

Le monde entier tombe des nues

L'amour tombe des nues

Et vive les femmes nues!




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14 décembre 2006

la participation de Laloz

Merci de nous faire partager ton érudition!

Sans la nommer
Georges Moustaki

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle
Comme d'une bien-aimée,
D'une infidèle,
Une fille bien vivante
Qui se réveille
A des lendemains qui chantent
Sous le soleil.

{Refrain:}
C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit que l'on traque.
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.

Je voudrais, sans la nommer,
Lui rendre hommage,
Jolie fleur du mois de mai
Ou fruit sauvage,
Une plante bien plantée
Sur ses deux jambes
Et qui trame en liberté
Ou bon lui semble.

{Refrain}

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle.
Bien-aimée ou mal aimée,
Elle est fidèle
Et si vous voulez
Que je vous la présente,
On l'appelle
Révolution Permanente !

{Refrain}

La Semaine sanglante, 1871
Paroles : Jean-Baptiste Clément


Sauf des mouchards et des gendarmes
    On ne voit plus par les chemins
    Que des vieillards tristes en larmes
    Des veuves et des orphelins
    Paris suinte la misère
    Les heureux même sont tremblants
    La mode est au conseil de guerre
    Et les pavés sont tous sanglants.

    Refrain

    Oui mais… ça branle dans le manche !
    Les mauvais jours finiront
    Et gare à la revanche
    Quand tous les pauvres s’y mettront, (bis).
    Les journaux de l’ex-préfecture
    Les flibustiers, les gens tarés
    Les parvenus de l’aventure
    Les gens de biens, les décorés
    Gens de bourse et coins de rues
    Amants de filles aux rebus
    Grouillent comme un tas de verrues
    Sur les cadavres des vaincus.

    Refrain

    On traque, on enchaîne, on fusille
    Tout ce qu’on ramasse au hasard
    La mère à côté de sa fille
    L’enfant dans les bras du vieillard
    Les châtiments du drapeau rouge
    Sont remplacés par la terreur
    De tous les chenapans de bouge
    Valets de rois et d’empereurs.

    Refrain

    Nous voilà rendus aux Jésuites,
    Aux Mac-Mahon, Aux Dupanloup.
    Il va pleuvoir des eaux bénites,
    Les troncs vont faire un argent fou.
    Dès demain, en réjouissance,
    Et Saint-Eustache et l’Opéra
    Vont se refaire concurrence,
    Et le bagne se peuplera.

    Refrain

    Demain, les manons, les lorettes,
    Et les dames des beaux faubourgs
    Porteront sur leurs collerettes
    Des chassepots et des tambours.
    On mettra tout au tricolore,
    Les plats du jour et les rubans,
    Pendant que le héros Pandore,
    Fera fusiller nos enfants.

    Refrain

    Demain les gens de la police
    Refleuriront sur le trottoir,
    Fiers de leurs états de service
    Et le pistolet en sautoir.
    Sans pain, sans travail et sans armes,
    Nous allons être gouvernés
    Par des mouchards et des gendarmes,
    Des sabre-peuple et des curés.

    Refrain

    Le peuple au collier de misère
    Sera-t-il donc toujours rivé ?…
    Jusques à quand les gens de guerre
    Tiendront-ils le haut du pavé ?…
    Jusques à quand la sainte clique
    Nous croira-t-elle un vil bétail ?…
    À quand enfin la République
    De la justice et du travail ?…

    Refrain

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12 décembre 2006

Je voudrais pas crever

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles

Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres

Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux

Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents

Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâter
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort

Boris Vian

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26 novembre 2006

emménager

 

nettoyer vérifier essayer changer aménager signer attendre imaginer inventer investir décider ployer plier courber gainer équiper dénuder fendre tourner retourner battre marmonner foncer pétrit axer protéger bâcher gâcher arracher trancher brancher cacher déclencher actionner installer bricoler encoller casser lacer passer tasser entasser repasser polir consolider enfoncer cheviller accrocher ranger scier fixer punaiser marquer noter calculer grimper métrer maîtriser voir arpenter peser de tout son poids enduire poncer peindre frotter gratter connecter grimper trébucher enjamber égarer retrouver farfouiller peigner la girafe brosser mastiquer dégarnir camoufler mastiquer ajuster aller et venir lustrer laisser sécher admirer s’étonner s’énerver s’impatienter surseoir apprécier additionner intercaler sceller clouer visser boulonner coudre s’accroupir se jucher se morfondre centrer accéder laver lessiver évaluer compter sourire soutenir soustraire multiplier croquer le marmot esquisser acheter acquérir recevoir ramener déballer défaire border encadrer sertir observer considérer rêver fixer creuser essuyer les plâtres camper approfondir hausser se procurer s’asseoir s’adosser s’arc-bouter rincer déboucher compléter classer balayer soupirer siffler en travaillant humecter s’enticher arracher afficher coller jurer insister tracer poncer brosser peindre creuser brancher allumer amorcer souder se courber déclouer aiguiser viser musarder diminuer soutenir agiter avant de s’en servir affûter s’extasier fignoler bâcler râcler dépoussiérer manoeuvrer pulvériser équilibrer vérifier humecter tamponner vider concasser esquisser expliquer hausser les épaules emmancher diviser marcher de long en large faire tendre minuter juxtaposer rapprocher assortir blanchir laquer reboucher isoler jauger épingler ranger badigeonner accrocher recommencer intercaler étaler laver chercher entrer souffler

s’installer

habiter

vivre

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