05 mai 2007
Maudit manège
La suite de 37º 2 le matin, de P. Djan, bien entendu. Les deux livres sont captivants et recommandables, mais comme vous connaissez certainement déjà le premier, au moins son adaptation cinématographique, je vais plutôt vous parler du second, Maudit Manège.
Certains disent que cette suite n'est pas à la hauteur du premier roman qui est, il est vrai, une franche réussite. Mais les pensées du héros sans nom, poète et fauché valent qu'on le lise.
Le début (attention, si vous ne connaissez pas 37º 2 le matin, ne pas lire ce qui suit!!! D'ailleurs je vais le mettre en petit au cas où vos yeux riperaient par mégarde.)
"Un soir, environ cinq ans après la mort de Betty, j'ai bien cru que ma dernière heure venait d'arriver. Et Dieu sait que je ne m'attendais pas du tout à ça."
"Je me sentais triste et furieux. Je m'en voulais d'encombrer ma vie avec toutes ces histoires. D'une manière générale, je m'en voulais de laisser le monde me toucher, me distraire, m'accaparer avec toutes ses imbécilités, ses faux plaisirs, son étalage grossier. S'enchaîner au lieu de se libérer, voilà ce qu'on fabriquait, voilà ce à quoi la vie se réduisait."
" Mais quand on a quelques convictions dans la vie, il faut s'attendre à en subir les conséquences."
"Le monde était infiniment cruel avec moi et les malheureux dans mon genre. La socièté ne vous jugeait qu'en fonction de votre capacité à décrocher un boulot et à vous y cramponner comme un chien enragé. Faute de quoi vous n'étiez qu'un pâle crétin, un pauvre dégénéré, une sorte de fou. Mais quelle plus grande folie pouvait-on imaginer que de passer sa vie derrière un bureau? Quel plus grand mensonge pouvait-on se faire à soi-même que de bâtir son existence sur du vide, uniquement parce qu'une majorité de connards vous y contraignait. Alors que la seule chose vers laquelle doit tendre un individu normal, c'est la liberté, pas la prison à vie, et les neuf dixièmes des boulots aujourd'hui sont pires que des cachots humides, puant la pisse et la désolation. La vie n'était pas si effrayante que ça pour qu'on veuille s'enfermer à double tour."
C'est sans doute le mot liberté qui m'a fait aimer ce livre.
03 mai 2007
MATIN BRUN
"Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous?"
J'ai découvert "Matin Brun", en Haute-Loire, il y a 5 ou 6 ans, maintenant, dans une librairie jeunesse (une magnifique librairie jeunesse du Puy-en-Velay) parce que l'éditeur est logé au Chambon sur Lignon. Bon évidemment, à moins d'être gaga de la Haute-Loire, le Chambon-sur Lignon, ça ne fait pas rêver! Bref.
J'avais très envie de vous le faire lire mais, bon il ne coûte qu'un euro et c'est tellement mieux de l'avoir entre les mains. Enfin, vous pouvez toujours m'écrire si vous en voulez plus, on peut s'arranger...
Depuis une petite chronique sur Inter, vous pouvez aussi l'écouter.
"C'est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille
pour un bout de temps avec mon chat brun. Bien sûr, s'ils cherchent avant, ils n'ont pas fini d'en arrêter des proprios de chats et de chiens. Je n'ai pas dormi de la nuit. J'aurais dû me méfier des bruns dès qu'ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment ? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ?"
28 décembre 2006
Charles Bukowski
seulement si on est large d'esprit et enclin à comprendre ce qu'il y a sous la surface des mots (c'est clair, non?).
Charles,
c'est un poète. Pour vous en convaincre, un texte, un peu long, certes,
en anglais de surcroît, mais un texte ab-so-lu-ment magnifique. Texte
mis à l'écran en court métrage d'animation
très réussi mais pas facile à trouver... Allez, courage, ça vaut la
peine d'être lu; Le titre à lui tout seul est une invitation au voyage:
The man with the beautiful eyes
When we were kids
there was a strange house
all the shades were
always
drawn
and we never heard voices
in there
and the yard was full of
bamboo
and we liked to play in
the bamboo
pretend we were
Tarzan
( although there was no
Jane)
and there was a
fish pond
a large one
full of the
fattest goldfish
you ever saw
and they were
tame.
They came to the
surface of the water
and took pieces of
bread
from our hands.
Our parents had
told us:
" never go near that
house"
so, of course,
we went.
We wondered if anybody
lived there.
Weeks went by and we
never saw
anybody.
Then one day
we heard
a voice
from the house
" YOU GOD DAMNED
WHORE!"
It was a mans
voice.
Then the screen
door
of the house was
flung open
and the man
walked out.
He was holding
a
fifth of whiskey
in his right
hand.
He was about
30.
He had a cigar
in his
mouth,
needed a
shave.
His hair was
wild and
uncombed
and he was
barefoot.
In undershirt
and pants
but his eyes
were
bright
they BLAZED
with brightness
and he said,
"hey, little
gentleman,
having a good
time, I
hope?"
Then he gave a
little laugh
and walked
back into the
house.
We left,
went back to my
parents yard
and thought
about it.
Our parents,
we decided
had wanted us
to stay away
from there
because they
never wanted us
to see a man
like
that,
a strong natural
man
with
beautiful
eyes.
Our parents
were ashamed
that they were
not
like that
man,
thats why they
wanted us to stay
away.
But
we went back
to that house
and the bamboo
and the tame
goldfish.
We went back
many times
for many
weeks
but we never
saw
or heard
the man
again.
The shades were
down
as always
and it was
quiet.
Then one day
as we came back from
school
we saw the
house.
It had burned
down,
there was nothing
left,
just a smoldering
twisted black
foundation
and we went to
the fish pond
and there was
no water
in it
and the fat
orange goldfish
were dead
there,
drying out.
We went back to
my parents yard
and talked about
it
and decided that
our parents had
burned their
house down,
had killed
them
had killed the
goldfish
because it was
all too
beautiful,
even the bamboo
forest had
burned.
They had been
afraid of
the man with the
beautiful
eyes.
And
we were afraid
than
that
all throughout our lives
things like that
would happen,
that nobody
wanted
anybody
to be
strong and
beautiful
like that,
that
others would never
allow it,
and that
many people
would have to
die.
24 novembre 2006
un de mes écrivains préférés
J'y ai réfléchi avant d'écrire ce message : est-ce mon écrivain préféré?, "the one" comme on dit dans sa langue (j'aime beaucoup ces mots "the one"). Ai-je un écrivain préféré?...Il y en a plusieurs qui me transportent par leurs mots, leurs idées, impossible d'en choisir un. Cependant c'est lui qui s'impose comme le premier dont j'ai envie de parler :
Russell Banks
(il a une tête super sympa, non!)
«Mon enfance a été marquée par l'alcool et la violence, l'abandon et la pauvreté»
Je l'aime parce
que ses livres sont engagés, pertinents, pleins de réflexion. Parce
qu'après les avoir lu on ne peut pas les oublier. Et puis bien sûr, il
y a l'écriture, lire Russell Banks est un régal.
Ses lives bouleversent, font rêver et surtout font penser.
Russell Banks dit dans un de ses livres : " Va mon livre, contribue à la destruction du monde tel qu'il est."
J'aime cela dans la littérature.
A lire
Continents à la dérive
Sous le règne de Bone
Le livre de la Jamaïque
L'ange sur le toit
De beaux lendemains
Histoire de réussir
« L'une des choses les plus difficiles à dire à quelqu'un est
celle-ci : j'espère que vous m'aimerez sans raison particulière. »
L'ange sur le toit
Un aventurier
Russell Banks a parcouru les
routes américaines au début des années '60 à bord d'une voiture volée.
un mec bien je vous dis!
01 octobre 2006
Lettres d'amour d'un soldat de 20 ans
(dimanche sous le signe des Jacques!)
C'est par son recueil de lettres que j'ai véritablement découvert Jacques Higelin.
Je l'ai découvert et je l'ai aimé inconditionnellemement, ses mots, ses
idées, ses coups de gueule, ses angoisses, son amour ( d'une femme, de
la musique, de la vie, de la liberté, de l'humanité).
Jacques Higelin fait partie de ces gens que j'aimerais rencontrer, il
fait partie de ces gens qui sont "au-dessus"...comme Prévert ou Boris
Vian.
Petit extrait:
" C'est con les villes qu'on traverse et dans
lesquelles on ne peut rester plus d'un jour: on n'a pas le temps de
comprendre. J'aime bien avoir le temps. Quand on est tributaire du
temps des "autres", on est dépossédé de "son temps". Ce qu'il faut
gagner à tout prix, avant de créer, c'est la liberté du rythme de vie
dont notre personnalité a besoin pour penser et agir.
Si les astres
se confondaient, se heurtaient, ce serait le chaos dans l'univers, le
déséquilibre. Chaque être humain est comme une planète, il exerce à la
fois une attraction et une répulsion.
Notre amour, c'est le rapport
de ces astres: nous nous attirons et nous nous repoussons
continuellement sans cesser d'être l'un contre l'autre, liés par cette
lutte [...]."
ou encore:
"Je
voudrais tant vivre assez pour défendre cette part d'amour qui sauve
chaque homme de la médiocrité du monde, de son absurdité[...]"
...Bon dimanche, glandez bien et surtout..."ne lâchez rien".
24 septembre 2006
Le dictionnaire
Pas forcément, Le Robert. J'ai celui-là à la maison mais à vrai dire je n'ai jamais fait d'étude comparative entre Larousse, Robert et les autres. Je crois que j'ai acquis le Robert à cause de Alain Rey (inter a encore frappé!).
En tous cas, avoir un dictionnaire à la maison, c'est essentiel. Ça permet d'éviter quelques erreurs sur le blog, mais surtout ça permet de feuilleter tous ces mots de la langue française!
Ouvrir le dictionnaire au hasard et plonger dans l'univers envoûtant de la signification, de l'orthographe, de la multitude... Quoi, mais non, je n'ai pas fumé d'herbe, faut arrêter avec les idées reçues sur la Colombie et ouvrez plutôt le dictionnaire au hasard, vous verrez bien!














